Le tribunal suprême scelle le sort du congé familial récurrent
Le Conseil d’État a apporté un arrêt retentissant, tranchant sur l’étendue du dispositif du congé pour cause de solidarité familiale prévu à l’article 37.9 du Code du travail. Cette décision ne se limite pas à consolider le caractère rémunéré de ce dispositif, mais établit des critères précis quant à sa mise en œuvre, à son champ d’application et à ses limites opérationnelles.
Un soulagement pour les employés face aux urgences familiales
Né suite au décret-lo 5/2023, visant à aligner la législation française sur la directive européenne en matière de conciliation, ce congé est conçu pour offrir une couverture aux situations imprévues et urgentes liées à la maladie ou à l’accident de membres de la famille ou du foyer. L’objectif est de permettre une intervention rapide, une assistance immédiate à une situation d’urgence.
Il ne s’agit pas, contrairement au congé de cinq jours, de gérer une absence prolongée, une hospitalisation ou un besoin de soins constants. Il se résume à répondre à la crise initiale, lorsque la présence immédiate de l’employé est indispensable. Une brève absence, flexible et rémunérée, est donc privilégiée, pouvant être prise même par quelques heures.

Distinguer le congé familial de cinq jours : une nuance cruciale
Le Tribunal Suprême souligne une distinction fondamentale avec le congé de cinq jours. Celui-ci est attribué en cas d’accident, de maladie grave, d’hospitalisation ou d’intervention chirurgicale sans hospitalisation nécessitant un repos à domicile, et vise à assurer un accompagnement et un soin sur une période plus étendue. Le congé pour cause de solidarité familiale, lui, réagit à un besoin urgent et ponctuel.
La preuve de l’urgence, de la proximité familiale et de la nécessité d’une présence immédiate constitue désormais le fondement juridique de cette prise en charge. Les tribunaux examineront avec attention ces éléments, évitant les interprétations trop larges ou trop restrictives.

Limites et déclencheurs : quatre jours maximum
La loi fixe un plafond de quatre jours par an pour ce congé, qui peut également être pris en nombre d’heures. Les collectivités territoriales peuvent imposer des restrictions temporaires, renforçant ainsi son caractère exceptionnel. Cette clarification évite à la fois l’abus et la dénégation injustifiée. Il ne s’agit pas d’une simple extension du dispositif, mais d’une définition précise de ses contours.

Au-delà des familles directes : un champ d’application étendu
Le recours au congé pour cause de solidarité familiale ne se limite pas aux parents directs. Il s’étend également aux enfants, aux ascendants, ainsi qu’aux personnes avec lesquelles l’intéressé vit en communauté. Cette évolution élargit considérablement l’éventail des situations couvertes.
Il est important de noter que le délai maximal de quatre jours est susceptible d’être complété par deux semaines supplémentaires en cas de naissance, une mesure qui entrera en vigueur en 2026. La jurisprudence est claire : l’urgence réelle et la nécessité d’une présence immédiate sont les critères déterminants.

Conclusion : une réponse adaptée aux urgences familiales
L’arrêt du Tribunal Suprême ne modifie pas le principe fondamental du congé pour cause de solidarité familiale, mais il le définit avec une rigueur accrue. Il s’agit d’un outil de conciliation essentiel, qui permet aux salariés de répondre aux besoins urgents de leur famille, sans compromettre leur revenu. Le droit à la solidarité familiale est désormais solidement ancré dans la législation française.
