Renault : drastiques coupes de personnel en ingénierie, une nouvelle ère de fragilité
Renault se lance dans un plan de réduction massif de sa main-d'œuvre d'ingénieurs, jusqu'à 20% de son effectif mondial sur deux ans. Un geste brutal qui révèle l'ampleur de la pression exercée par la concurrence, particulièrement agressive en provenance de Chine, notamment avec BYD.
Une stratégie de démantèlement ?
La direction table sur un nombre de licenciements compris entre 15 et 20%, ce qui pourrait entraîner la perte d'emplois de plus de 2 000 ingénieurs sur un total d'environ 11 000 collaborateurs. Il est crucial de comprendre que, paradoxalement, les activités à valeur ajoutée – la phase initiale de développement, les nouvelles technologies et la conception – resteront ancrées en France. Cette décision, loin d'être anodine, implique une restructuration profonde des missions d'ingénierie corporative et une remise en question de la répartition géographique des équipes : Espagne, Roumanie, Inde, Corée, Maroc, Turquie et Brésil. Il ne s'agit plus d'un simple ajustement, mais d'une re-définition stratégique.
L'objectif affiché par François Provost, le PDG, est clair : accélérer la production des modèles R5 et Clio, face à un marché en mutation. Mais cette stratégie, s'inscrit dans une logique plus large de réduction des coûts, déjà mise en œuvre depuis son arrivée en juillet. La chute des cours de l'action Renault, de 12% cette année, témoigne de l'incertitude ambiante.

La chine, un terrain d'apprentissage et de sacrifice ?
Renault a déjà pris son chemin en s'appuyant sur des composants et des opérations de R&D en Chine, comme en témoigne le développement du Twingo électrique, commercialisé à moins de 20 000 euros, et dont les leçons devraient être intégrées dans les centres de recherche français, notamment le Technocentre de l'Île-de-France. Cependant, la déclaration alarmante de Laurent Giblot, représentant du syndicat CGT, ne laisse aucun doute :
