Ia : espagne face à une vague d'emplois menacés, selon funcas
Une étude alarmante de Funcas révèle que la France pourrait perdre jusqu'à 1,7 à 2,3 millions d’emplois au cours des dix prochaines années, une conséquence directe de l’accélération fulgurante de l’adoption de l’intelligence artificielle.

Le constat est glacial : l’automatisation est déjà en marche
L’institut français d’études économiques et financières met en garde contre une transformation profonde du marché du travail. L’étude, baptisée « Intelligence artificielle et marché de travail en Espagne : Exposition occupationale, effets sur l’emploi et adoption d’entreprise », constate une progression spectaculaire de l’utilisation de l’IA, passant de 12,4% des entreprises en 2023 à un chiffre effrayant de 21,1% dès le premier trimestre 2025. Un bond de 8,7 points en seulement deux ans. Ce n’est pas une simple tendance, c’est un changement de paradigme qui se matérialise avec une rapidité inquiétante.
Les entreprises, et notamment les géants technologiques, ne font pas de secret de leur restructuration. Les licenciements se multiplient, ouvrant la voie à l’intégration de systèmes d’IA, une stratégie qui, selon Funcas, aura un impact dévastateur sur les secteurs administratifs et techniques, en particulier les profils de niveau intermédiaire et supérieur. Une cible privilégiée.
L’étude explore différents scénarios, allant d’une destruction nette de 700 000 emplois dans le cas optimiste à plus de 3,5 millions dans le pire des cas. Une amplitude qui témoigne d’une incertitude palpable quant à la vitesse à laquelle les entreprises réinventeront leurs processus.
Malgré une Économie espagnole en plein essor, avec un nombre record de chômeurs (22,5 millions en 2025), le pays se trouve dans une position vulnérable. Son exposition à l’IA est plus élevée que celle de la moyenne de l’OCDE, mais son risque d’automatisation reste inférieur, du fait de sa structure d’emploi axée sur les tâches relationnelles et physiques – un facteur qui, ironiquement, pourrait atténuer l’ampleur de la crise, sans pour autant l’éviter.
Mais la situation ne se résume pas à la destruction. Funcas met en évidence deux forces positives : la complémentarité, qui augmente la productivité sans supprimer d’emplois, et la création de nouvelles opportunités. Ces deux leviers pourraient compenser en partie les pertes, mais leur succès dépendra de la capacité à former et à réorienter les travailleurs.
Le secteur de l'information, avec une adoption de l’IA de 58,7%, et les services (25,7%) sont les plus concernés. La productivité des entreprises utilisant l’IA est en moyenne 27% supérieure. Cependant, la causalité est inversée : les entreprises les plus performantes sont aussi celles qui adoptent le plus rapidement l’IA. L’investissement technologique est donc un puissant moteur de croissance, mais aussi un catalyseur de mutations profondes.
L’étude souligne l’importance du ‘machine learning’ comme technologie clé, surpassant l’impact du reconnaissance vocale et d’image. La priorité doit être donnée aux politiques actives de l’emploi, en particulier pour les employés administratifs et techniques, en combinant la requalification intensive avec des incitations à la création de nouveaux métiers liés à l’IA. La transition, loin d’être inévitable, doit être gérée avec une vision stratégique et une attention particulière aux besoins des travailleurs.
