Washington : le fmi, sur la défensive face à l'effondrement de l'ordre économique mondial

L'impasse à Washington s'annonce plus sombre que jamais. Les responsables de la politique économique se retrouvent face à une réalité brutale : la guerre commerciale initiée par Trump a laissé des cicatrices profondes et irréversibles dans l'Économiemondiale. Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds Monétaire International, n'hésite pas à formuler un avertissement glacial : « Préparez-vous au pire ».

Un point de non-retour imminent

L'ambiance à la réunion du FMI et de la Banque Mondiale, qui s'annonce tendue entre le 13 et le 18 avril, est pesante, empreinte d'une étrange sensation de déjà-vu. Les séquelles des arcanes tarifs de l'ère Trump pèsent encore lourdement sur le tableau. Mais cette fois, l'enjeu est plus grand : le fiasco des négociations entre les États-Unis et l'Iran pour un accord durable sur le détroit d'Ormuz.

La tentative de transformer un cessez-le-feu de deux semaines en paix véritable a échoué, laissant derrière elle un climat de défiance généralisé. Les gouvernements et les banques centrales se retrouvent face à un paradoxe : chercher à soutenir leurs économies pourrait paradoxalement exacerber les tensions internationales.

Des prévisions alarmantes

Des prévisions alarmantes

Le FMI a amputé ses prévisions de croissance pour les marchés émergents et les pays en développement, les ramenant à 3,65% pour 2026 – une chute spectaculaire par rapport aux 4% initialement anticipés. Une extension de la guerre pourrait plonger ces économies dans une spirale infernale, avec une inflation potentiellement atteignant 6,7%. Il s'agit d'une réalité froide et implacable.

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L'horizon se dégrade

La marge manœuvrière des institutions financières est réduite à néant. Les politiques de soutien national risquent de se retourner contre d'autres nations, et les jeux de puissance entre les grandes puissances alimentent davantage les conflits. Georgieva a d'ailleurs lancé un appel à la prudence : « Serrez les dents », accompagnée d'un rapport sur la fragilité financière mondiale. La note de crédit du monde s'effrite.

La perspective est sombre. Les prochaines trimestres seront déterminants pour évaluer la capacité de résilience de ces économies, déjà fragilisées par l'incertitude avant le conflit. Il est clair que les répercussions de l'agression américaine et la méfiance qu'elle a semée persisteront, même si le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran est maintenu. Ewa Manthey, analyste chez ING, met en garde : « Il faudra des flux constants et sécurisés à travers le détroit d'Ormuz pour signaler un véritable point de bascule. »