Super micro : un fondateur arrêté, les actions s'effondrent

Les actions de Super Micro Computer ont chuté de 27 % vendredi, marquant une nouvelle année de turbulence pour le géant du matériel informatique axé sur l'intelligence artificielle. Cette décrue sévère fait suite à l'arrestation d'un de ses cofondateurs et de deux autres personnes, accusés de trafic illégal de composants de puces vers la Chine.

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Une vague d'arrestations frappe le géant du matériel informatique

L'entreprise a identifié comme impliqués Ruei-Tsang “Steven” Chang, directeur des ventes basé à Taïwan, et Ting-Wei “Willy” Sun, un contractant. Super Micro a annoncé avoir immédiatement suspendu ces deux individus et rompu son contrat avec le contractant dès avoir été informée des allégations. La société se défend en indiquant ne pas être directement impliquée dans les accusations, mais la réaction violente du marché témoigne d'une perte de confiance des investisseurs.

Ce n'est pas la première fois que Super Micro est confrontée à des controverses. En 2020, la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine l'avait accusée de fausses déclarations comptables, notamment en accélérant artificiellement la reconnaissance des revenus et en sous-déclarant les dépenses. Et en 2024, l'entreprise a été la cible d'un rapport alarmant de Hindenburg Research, accusant la société de manipulation des états financiers, provoquant alors une chute brutale de son cours.

Le contexte géopolitique actuel aggrave la situation. Alors que Washington mène une course à l'armement technologique avec Pékin dans le domaine de l'intelligence artificielle, cette affaire soulève des questions délicates sur la sécurité des technologies américaines et leur accès potentiel à des acteurs étrangers. Le gouvernement américain est particulièrement vigilant face aux transferts de technologies sensibles vers la Chine.

La chute des actions de Super Micro rappelle une tendance plus large : la volatilité croissante des entreprises du secteur technologique, particulièrement celles liées à l'IA. Les investisseurs sont devenus plus sensibles aux risques géopolitiques et réglementaires, ce qui se traduit par une aversion pour les entreprises perçues comme vulnérables.

Le cours de l'action Super Micro a déjà perdu 23 % sur les 12 derniers mois, et cette nouvelle décrue pourrait bien être le coup de grâce pour les actionnaires. La question est de savoir si la société parviendra à rétablir la confiance des marchés et à surmonter ces turbulences.