Taylor swift : guerre déclarée contre l'ia – protection de sa voix et de son image

La chanteuse Taylor Swift lance une offensive sans précédent contre l’intelligence artificielle, déterminée à contrôler l’utilisation de sa voix et de son image.

Une stratégie inédite face à la menace de la dématérialisation

Dans une démarche audacieuse, Taylor Swift, via son entreprise TAS Rights Management, a déposé trois demandes de protection de marque auprès de l’Office américain des brevets et des marques (USPTO). L’objectif ? Protéger ses voix enregistrées – notamment les phrases « Hola, soy Taylor Swift » et « Hola, soy Taylor » – et une photographie emblématique de sa tournée « The Eras Tour ». Cette action, inspirée par celle de Matthew McConaughey, marque un tournant dans la lutte contre les deepfakes et les utilisations abusives de l’IA.

L’artiste a déjà été victime de manipulations via l’IA, notamment la diffusion d’images pornographiques générées artificiellement. Récemment, lors de la campagne présidentielle américaine, Donald Trump a utilisé des images d’IA suggérant un soutien de Swift à sa candidature, une démarche qui a suscité l’indignation de la star.

L’exemple de mcconaughey : une approche proactive

L’exemple de mcconaughey : une approche proactive

L’initiative de Swift s’inscrit dans une logique similaire à celle du célèbre acteur, Matthew McConaughey, qui a lui-même enregistré des phrases et des fragments audio emblématiques de son rôle dans la comédie « Dazed and Confused » (1993). Les avocats de McConaughey plaident pour une reconnaissance de leurs droits afin de contrer la reproduction illégale de ses expressions par l’IA. Les lois sur le droit à l’image, déjà en vigueur dans certains états américains comme New York et Californie, pourraient être un levier puissant, mais la question de leur application face aux technologies d’intelligence artificielle reste complexe.

Josh Gerben, spécialiste en propriété intellectuelle, souligne que ces demandes de Swift et McConaughey « mettent à l’épreuve les nouvelles théories du droit des marques à l’ère de l’IA ». Il rappelle que Disney a déjà engagé des poursuites contre Google pour l’utilisation de l’IA Gemini à des fins de reproduction de ses personnages. La stratégie de « s’enregistrer soi-même » comme marque pourrait ainsi s’avérer un outil juridique efficace, comparable aux droits d’auteur des grands studios de cinéma, permettant aux artistes d’exiger la suppression immédiate du contenu illégal.

L’avenir reste incertain, mais une chose est claire : Taylor Swift, avec cette action, déclame une guerre ouverte à l’intelligence artificielle, non pas pour stopper le progrès technologique, mais pour sauvegarder son identité et son contrôle créatif. Cette bataille pour le droit à l’image et à la voix s’annonce longue et déterminée.