Python : la domination érodée par l'ia ? le langage de programmation loses du terrain
La suprématie de Python, longtemps incontestée, vacille. Le langage le plus populaire au monde subit un recul significatif face à l'essor de nouvelles alternatives, notamment dans le contexte de l'intelligence artificielle.

La chute de python : un déclin inattendu
Selon l'indice mensuel Tiobe, la part de marché de Python a chuté de manière spectaculaire ces derniers mois. Passant de 26,98% en juillet 2025 à 21,81% en mars dernier, la baisse est alarmante. Cette dégringolade survient alors que Python avait longtemps dominé le classement, laissant ses concurrents loin derrière.
Bjarne Stroustrup, créateur de C++, ne mince pas de mots : « Il n'y a que deux types de langages de programmation : ceux dont on se plaint et ceux qu'on n'utilise pas. » La popularité de Python semble désormais appartenir à la première catégorie.
Cette perte de popularité s'explique en partie par le fait que la simplicité et l'intuitivité, qui étaient auparavant des atouts majeurs, se sont transformées en inconvénients. Les développeurs, à la recherche d'outils plus spécialisés, se tournent vers des langages comme R et Perl. R, notamment, gagne du terrain dans le domaine de la statistique, passant de la 15e à la 8e place de l'indice Tiobe en un an.
Mais Perl, après des années de déclin, fait également son retour, grimpant à la 11e place. Cette résurgence témoigne d'une évolution des besoins et des priorités des programmeurs.
L'indice Tiobe, qui analyse la popularité des langages en fonction du nombre d'ingénieurs, de cours et de fournisseurs externes, confirme cette tendance. Il est calculé à partir de données issues de sources variées telles que Google, Amazon et Wikipedia.
Le classement Tiobe du 26 février révèle les chiffres suivants : Python (21,81%), C (11,05%), C++ (8,55%), Java (8,12%), C# (6,83%), JavaScript (2,92%), Visual Basic (2,85%), R (2,19%), SQL (1,93%) et Delphi/Object Pascal (1,88%).
L'indice PYPL (Popularity of Programming Language), qui évalue la popularité en fonction des recherches de tutoriels sur Google, présente un tableau similaire, avec Python en tête (31,17%) suivi de C/C++ (14,96%) et Java (10,46%). R est également en progression, avec 6,88% de part de marché.
Cette évolution soulève des questions sur l'avenir de Python et sur l'impact de l'IA sur le métier de développeur. La montée en puissance des outils d'IA capables de générer du code pourrait bien modifier radicalement les compétences recherchées. Ce n’est plus une simple spéculation : l’IA commence déjà à écrire des lignes de code, et les compétences traditionnelles sont remises en question.
La diminution de l'utilité de certains langages traditionnels est un signe clair. Le paysage de la programmation est en constante mutation, et ceux qui ne s'adaptent pas risquent de se retrouver à la traîne.
Le déclin de Python n'est peut-être qu'un symptôme d'une transformation plus profonde : l'IA ne remplace pas les programmeurs, mais elle transforme leur travail. L'avenir appartient à ceux qui sauront maîtriser les nouvelles technologies et les intégrer à leur pratique.
La part de marché de Python a chuté de plus de 10 points en moins d'un an. Une donnée qui ne laisse présager rien de bon.
