Les faux-semblants de travail en deepfake, une nouvelle forme de fraude

Les estafes en deepfake font désormais partie de notre vie quotidienne. Pour les criminels de l'ère numérique, il suffit de trouver des personnes prêtes à poser pour des photographies et des vidéos qui serviront de modèle à l'intelligence artificielle. C'est ainsi que fonctionne, selon une nouvelle enquête de Wired, ces entreprises criminelles de haute Technologie qui proposent des emplois aux intéressés en échange de leurs performances de modèle IA.

Des exigences étranges pour des emplois sans queue ni tête

Des exigences étranges pour des emplois sans queue ni tête

Les réclamations pour ces emplois sont multiples et les conditions de travail sont loin d'être idylliques. Selon plusieurs publicités découvertes par Wired dans des canaux de Telegram, les candidats doivent être prêts à travailler des heures exorbitantes, jusqu'à 100 videocalls par jour, et à laisser une grande partie de leur vie personnelle derrière eux. Ils doivent également fournir des informations très intimes sur elles-mêmes, comme leur état civil, leur vaccination et même leurs expériences sentimentales.

Les employeurs ne font pas mystère de leurs intentions. Ils recherchent des personnes naturelles, avec des expressions faciales réalistes, pour créer des faux-semblants convaincants et manipuler leurs victimes. Il est donc interdit d'utiliser des peluques ou des accessoires, même si les filtres sont autorisés. Les modèles de face doivent même enregistrer des vidéos d'action en direct.

Malgré cela, la grande majorité des annonces et applications des modèles de Telegram ne mentionnent pas explicitement le travail d'estafa. Cependant, elles laissent filtrer des signaux d'alerte évidents, comme la nécessité de parler plusieurs langues ou d'avoir une expérience précédente dans l'utilisation de la cryptographie pour les plateformes d'estafa.

Les pays où ces pratiques sont les plus courantes sont la Turquie, la Russie, l'Ukraine et la Biélorussie, ainsi que plusieurs pays d'Asie où on applique des modèles de visages réels à des modèles d'intelligence artificielle.