Le prix de l'aluminium explose : l'iran et la chine, un cocktail explosif pour l'offre mondiale

La flambée du prix de l'aluminium, atteignant un sommetal de quatre ans à Londres, est un signal d'alarme pour l'économie mondiale. La décision de Washington de bloquer les exportations iraniennes, annoncée lundi, risque de déstabiliser l'approvisionnement en ce métal stratégique.

Une crise exacerbée par les tensions géopolitiques

L’indice du marché londonien des métaux (LME) a bondi de 2% ce matin, une réaction immédiate à la menace d’une nouvelle perturbation des chaînes d’approvisionnement. La situation, déjà fragilisée par la guerre en Ukraine et ses répercussions sur le marché de l'énergie, s'envenime. Le conflit au Moyen-Orient, représentant environ 9% de la production mondiale d’aluminium, accentue la pression sur l’offre.

Emirates Global Aluminium PJSC, l'un des principaux producteurs de la région, a déjà déclaré des clauses de force majeure pour certaines livraisons suite à un attentat iranien qui a paralysé l'une de ses usines. Une situation préoccupante qui souligne la vulnérabilité de la chaîne de production.

Chine : un frein inattendu à la demande

Chine : un frein inattendu à la demande

Si la guerre en Ukraine a naturellement boosté les matières premières, notamment la rouée de fer, l'aluminium est confronté à un revirement inattendu. Les stocks en Chine, le premier consommateur mondial, atteignent des niveaux inédits depuis 2020. L'analyste Chen Jingmin de Zijin Tianfeng Futures Co. ne manque pas d'être clair : « Il est probable que l'aluminium à Shanghai commence à refléter la réalité d'une demande chinoise en berne. »

L'aversion au risque, alimentée par les incertitudes géopolitiques et l'endettement massif du pays, freine les investissements et la consommation. La situation est d'autant plus complexe que la plupart des autres métaux de base restent cantonnés à des échanges latéraux, témoignant d'un climat d'incertitude généralisée.

Les futures du minerai de fer ont néanmoins gagné 0,9% à Singapour, tandis que le cuivre et le zinc ont affiché une hausse modeste. Mais ces gains ne suffisent pas à masquer l'inquiétude concernant l'aluminium. Un métal qui, paradoxalement, profite de la crise.

En clôture, l'aluminium s'est hissé à 3 547,50 dollars la tonne sur la LME, et 24 740 yuans la tonne à la Bourse de Shanghai. Un prix qui, sans surprise, met à l'épreuve la résilience de l'économie mondiale. La situation est loin d'être sereine et il est clair que l'aluminium, loin d'être un simple métal, est devenu un baromètre de l'instabilité géopolitique.