La guerre entre l'iran et ses adversaires provoque un choc du marché du gaz
Un affrontement militaire en cours entre l'Iran et plusieurs de ses adversaires a déclenché une panique sur les marchés énergétiques, avec des prix du gaz naturel en flambée.

La référence ttf hollandaise atteint son niveau le plus élevé depuis janvier 2023
La cote de la référence TTF, qui fixe les prix d'entrée du gaz au port de Rotterdam, s'est envolée mardi à 57,7 euros/MWh, soit une augmentation de 35% par rapport au lundi dernier, où elle avait déjà augmenté de 40% à la clôture.
En deux jours, le prix du gaz a ainsi augmenté d'environ 100%, un record qui dépasse même celui atteint après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022.
Cette émotion du marché est l'apanage de l'Europe, la région la plus dépendante du gaz d'origine du Moyen-Orient, derrière le Japon et la Chine, qui obtiennent environ 25% de leurs besoins en gaz à partir de pays comme le Qatar.
Avec la décision du lundi de Qatar Energy, responsable de la production de gaz liquéfié (GNL) dans ce pays, de suspendre ses activités en raison des attaques iraniennes, la capacité exportatrice de gaz du monde a temporairement perdu 20%, créant un déficit entre l'offre et la demande que les analystes considèrent que seul le prix pourra équilibrer.
De plus, le trafic de GNL via le détroit d'Ormuz est pratiquement paralysé après que les grandes entreprises de navigation privées aient ordonné à leurs navires de fuir la région. Les assureurs maritimes ont également émis des avertissements d'interruption de leurs polices pour les pétroliers et les métaniers qui naviguent dans la zone.
Enfin, la Garde révolutionnaire islamique de l'Iran a menacé lundi de tirer sur tout navire qui traverserait la zone, selon Reuters, une déclaration dissuasive qui s'ajoute aux attaques contre certains navires enregistrées ces dernières heures.
L'Iran cherche ainsi à internationaliser la guerre après les attaques de l'État-Unis et d'Israël samedi dernier. Pour ce faire, les forces iraniennes ont lancé des missiles et des drones contre des intérêts américains dans une douzaine de pays de la région, y compris le Koweït, l'Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats, la Syrie et l'Irak, ainsi que contre Israël, avec lequel elle maintient un feu continu.
En matière énergétique, le Qatar a fermé sa grande terminal d'exportation de gaz via le GNL, mais l'Arabie saoudite a également été touchée après un attaque à son grand complexe de pétrole et de produits pétroliers.
