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Intel boost : 5 mds d'euros pour reprendre le flambeau dans la course à l'ia

Dublin, Irlande – Le géant américain Intel a officialisé un investissement colossal de 5 milliards d’euros pour massivement réaménager sa plateforme de production située à Leixlip, près de Dublin. Un pari audacieux visant à contrer la domination croissante de Taïwan Semiconductor Manufacturing (TSMC) et à relancer la fabrication de puces au cœur de l’essor de l’intelligence artificielle.

Le retour en force du leader américain

Le retour en force du leader américain

Cette expansion, qui s’annonce comme un véritable coup de projecteur pour l’Irlande, s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de la chaîne d’approvisionnement des semi-conducteurs aux États-Unis. L’objectif ? Assurer un approvisionnement local, moins vulnérable aux tensions géopolitiques et aux perturbations logistiques. Intel entend ainsi redéfinir sa position, longtemps reléguée au statut de simple fonderie, en devenant à nouveau un acteur incontournable de la conception et de la production de processeurs.

Naga Chandrasekaran, vice-président exécutif de l’entreprise, a souligné que cette initiative représente une étape cruciale pour la production de ses processeurs Xeon, véritables piliers de son catalogue, et pour le développement de ses activités de recherche et développement. Il a également confirmé une volonté accrue d’attirer de nouveaux clients, une tâche ardue après des tentatives précédentes qui n’ont pas abouti.

L'entreprise a récemment recomprété la moitié de sa précédente usine irlandaise, initialement vendue à Apollo Global Management, pour 14,2 milliards de dollars. Un signal clair de confiance dans le potentiel de ce site et dans la trajectoire de la fonderie.

Cette manne financière ne se limite pas aux bénéfices pour Intel. L’Irlande, qui dépend fortement de l’investissement direct étranger, devrait en retirer un souffle d'oxygène. Selon une analyse récente du service des impôts irlandais, seules trois entreprises génèrent près de la moitié de ses recettes fiscales. La dépendance excessive à quelques multinationales constitue une préoccupation latente, exacerbée par les critiques américaines sur le traitement fiscal de Dublin.

Mais l’ombre de l’IA plane sur le pays. Meta a récemment procédé à une purge massive de son personnel en Irlande, éliminant près de 20% de ses effectifs, une mesure drastique visant à optimiser son approche grâce à l’intelligence artificielle. La question de l’impact de ces nouvelles technologies sur l’emploi reste donc au cœur des débats.

Le Premier ministre Micheál Martin a d’ailleurs insisté sur la nécessité d'une collaboration étroite entre l'Europe et les États-Unis pour faire face à ce défi global.