Emil michael, l'homme de main du pentagone, face à anthropic : une médiation risquée ?

Le Pentagone a désigné Emil Michael, figure controversée de la tech, pour tenter de désamorcer la crise avec anthropic, la société d'intelligence artificielle qui refuse de voir ses technologies utilisées pour des décisions militaires.

Une médiation délicate pour un négociateur au passé tumultueux

Une médiation délicate pour un négociateur au passé tumultueux

L’enjeu est majeur : le gouvernement américain cherche à intégrer l'IA dans ses systèmes de défense, mais anthropic, fondé par des ex-ingénieurs d’OpenAI, s'oppose farouchement à l’utilisation de ses algorithmes pour la surveillance de masse et le développement d'armes autonomes.

Michael, ancien sous-secrétaire à la Défense pour la Recherche et l'Ingénierie, est connu pour son style de négociation agressif, forgé lors de son passage chez Uber. Il a notamment été impliqué dans des affaires de harcèlement et de culture d'entreprise toxique qui ont conduit à son renvoi du conseil d'administration.

Son arrivée au Pentagone suscite des interrogations. Il est perçu par certains comme un homme capable de faire avancer les choses, par d'autres comme un risque en raison de son passé.

Le Pentagone a même qualifié anthropic de « risque pour la chaîne d'approvisionnement », une étiquette habituellement réservée aux adversaires étrangers. Cette décision a exacerbé les tensions et a été vivement critiquée par Anthropic.

Parallèlement à ses efforts de médiation, Michael travaille à tisser des liens avec d'autres entreprises technologiques pour accélérer l'adoption de l'IA par l'armée. Il s'est réuni avec des centaines d'entreprises depuis son entrée en fonction en mai, mais sa réputation le précède.

Sa relation avec Anthropic est particulièrement tendue. Il a publiquement critiqué le PDG d'Anthropic, Sam Altman, l'accusant de mensonges et lui attribuant un « complexe de Dieu ». Il a également suggéré que les désaccords avec Anthropic dépassaient les informations divulguées par la presse.

Michael n'est pas un novice en politique. Il a été stagiaire à la Maison Blanche sous Barack Obama et assistant spécial de Robert Gates, ancien secrétaire à la Défense. Ses dons politiques sont partagés, allant de Hillary Clinton en 2016 à un million de dollars à MAGA Inc. en 2024.

Joe Lonsdale, investisseur conservateur et cofondateur de Palantir, défend Michael, soulignant son expertise technologique et sa capacité à travailler intensivement. Pour Lonsdale, le Pentagone a besoin de quelqu'un qui