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Altman et la fin du monde : une prophétie qui se réalise (en partie)

Sam altman, le visage de l'IA et PDG d'OpenAI, a semé la panique en 2015 en prédisant, avec une franchise déconcertante, la potentielle fin du monde causée par l'intelligence artificielle. Une prédiction qui, une décennie plus tard, résonne étrangement à l'heure du boom des assistants IA et d'une course effrénée à la puissance computationnelle.

Le spectre apocalyptique réémerge

Le spectre apocalyptique réémerge

L'anecdote est revenue sur le devant de la scène grâce à une fuite de GPT-5.6, laissant entrevoir une avancée technologique spectaculaire d'OpenAI. Lors d'une discussion avec Mike Curtis, alors directeur de la technologie d'Airbnb, altman avait lâché, avec une désinvolture glaçante : « Je pense que l'IA conduira probablement, presque avec certitude, à la fin du monde. Mais en attendant, de grandes entreprises avec un apprentissage automatique sérieux vont émerger. » À l'époque, la remarque avait été balayée d'un revers de main, perçue comme une simple lubie de l'entrepreneur.

Mais la situation a radicalement changé. Le raz-de-marée des IA génératives a propulsé les actions de Nvidia, Microsoft et Google vers des sommets inégalés, créant une véritable ruée vers l'or numérique. Pourtant, cette euphorie masque une inquiétude grandissante. Les scientifiques et les experts en politiques publiques s'alarment de l'approche imminente de l'Intelligence Artificielle Générale (AGI), un point de bascule où les machines dépasseraient les capacités humaines dans tous les domaines.

Le double jeu d'Altman : Altman, figure publique plaidant pour une régulation stricte de l'IA auprès des gouvernements, est également pointé du doigt pour sa course à la productivité et au lancement rapide de produits, soulevant des questions sur ses véritables priorités en matière de sécurité. La crise de novembre 2023, qui a vu son éviction puis son retour au sein d'OpenAI, a mis en lumière cette contradiction.

Il est probable qu'Altman regrette aujourd'hui ses paroles de 2015. Dans un monde où ChatGPT est omniprésent et son utilisation massive, semer la panique en évoquant la destruction de l'humanité serait contre-productif. Cela effraierait les clients et donnerait aux États-Unis une excuse pour freiner le développement de l'IA. La tendance est désormais de minimiser les risques et de mettre en avant les bénéfices.

Récemment, Altman a même affirmé qu'un « apocalypse du travail » était peu probable, se félicitant d'avoir eu tort quant à l'impact sur les emplois administratifs de premier niveau. La réalité économique dicte la nécessité d'un discours optimiste, même si le spectre de l'AGI plane toujours. Les investissements massifs et la valeur boursière record des entreprises d'IA témoignent d'une confiance aveugle dans le progrès technologique, malgré les avertissements d'un futur potentiellement sombre. La question n'est plus de savoir si l'IA nous détruira, mais plutôt qui contrôlera cette puissance sans précédent et à quelles fins.