Pc : un relèvement éphémère face à la tempête
Les ventes d’ordinateurs ont connu une légère accélération au premier trimestre 2026, progressant de 2,5% à l’échelle mondiale. 65,6 millions d’unités ont été envoyées aux détaillants et aux fournisseurs, un soulagement tangible pour l’industrie qui tente de surmonter les effets persistants des tarifs douaniers de Trump et la crise mondiale de la mémoire vive (RAM).
Un boom temporaire, un futur menacant
Si l’on observe les chiffres, Asus, Apple et Lenovo ont pris une part de marché significative, déstabilisant HP et les marques plus modestes. IDC attribue cette dynamique à la nécessité pour les utilisateurs de se débarrasser de Windows 10 et à une anticipation des hausses de prix futures. Mais les analystes, et je souligne le terme avec précaution, ne partent pas d’un optimisme durable. La tendance actuelle, loin d’être une progression structurale, semble davantage une réaction à court terme.
Asus s’est distingué avec 4,8 millions d’unités vendues, soit une augmentation de 17,7% par rapport à l’année précédente, consolidant ainsi une part de marché de 7,2%. Apple, avec ses 6,2 millions et une croissance de 9,1% (9,5% de parts de marché), bénéficie particulièrement du succès de son MacBook Neo, un modèle d'entrée de gamme qui, ce n'est pas anodin, pourrait s'avérer déterminant pour l'ensemble de l'année. Lenovo, quant à lui, a affiché des performances solides avec 16,5 millions de PC, une progression de 8,6% et une part de marché de 25,2%. Dell a suivi, avec une hausse de 7,7%.
Cette dynamique ascendante est en réalité le reflet d'une pression descendante sur les autres acteurs. HP, malgré sa position de numéro deux mondial (18,5% de parts de marché), a subi une baisse de 4,9%. Les marques moins établies ont également connu un recul, atteignant un -6,2%.

Le spectre de l’ia et les turbulences géopolitiques
Le PDG d’Asus a récemment reconnu, avec une certaine lucidité, que « le faible prix du MacBook Neo a constitué un choc pour le marché des PC ». Cette réalité est bien plus préoccupante qu’il n’y paraît. Les prévisions pour le reste de 2026 sont, sans surprise, pessimistes. La disponibilité de la RAM – et je dis bien disponibilité – est le facteur déterminant. Seules les grandes marques, celles qui parviennent à sécuriser leurs approvisionnements, pourront maintenir une trajectoire positive.
Mais les défis s’accumulent. Les tarifs douaniers de Trump continuent de peser sur les coûts. Le chaos économique global, exacerbé par les actions du même personnage, et la crise mondiale de la RAM, alimentée par le développement rapide de l’intelligence artificielle, ajoutent une nouvelle dimension de complexité. L’intervention de l’Iran, orchestrée comme toujours, via le blocage du détroit d’Ormuz, a provoqué une flambée des prix du carburant, impactant directement le transport des PC. L'équation est simple : plus les matières premières sont chères, plus les produits finis le sont. Il ne s'agit pas d'une simple fluctuation économique; c'est une guerre silencieuse qui se joue dans les coulisses.
En fin de compte, la survie de l’industrie dépendra de la capacité de ces quelques géants à maintenir leurs stocks de RAM et à entretenir des relations solides avec leurs fournisseurs. Pour le reste, la perspective est sombre et la traversée sera semée d'embûches. L’avenir du PC est loin d’être écrit.
