Les réseaux sociaux, coupables d'addiction et de troubles mentaux ? un procès majeur s'ouvre en californie
Los Angeles – Le Tribunal Supérieur californien a entamé un procès sans précédent contre TikTok et Snap, accusés de manipuler les jeunes et de nuire à leur santé mentale. Une affaire qui pourrait ébranler les fondations de l'industrie des réseaux sociaux.

Une jeune femme au cœur de la tempête
KGM, aujourd'hui âgée de 20 ans, a intenté cette action en justice à l'âge de 19 ans. Elle allègue avoir développé une déprime, une anxiété et une dysmorphie corporelle après avoir passé des heures chaque jour sur les réseaux sociaux dès l'âge de 10 ans. Son avocat affirme que ces problèmes de santé mentale ont été exacerbés par l'utilisation intensive d'Instagram.
Meta, la société mère d'Instagram, conteste fermement ces accusations. Dans une déclaration à The Guardian, Liza Crenshaw, porte-parole de Meta, a affirmé que les problèmes de KGM précédaient son utilisation d'Instagram et que les preuves le démontreraient. « La question pour le jury à Los Angeles est de savoir si Instagram a été un facteur substantiel dans les difficultés de santé mentale du plaignant », a-t-elle déclaré. Meta suggère que KGM était déjà confrontée à des défis importants avant même de se connecter à la plateforme.
Cependant, un témoignage clé pourrait remettre en question cette version. Victoria Burke, la thérapeute de KGM à l'âge de 13 ans, a déclaré au tribunal que le diagnostic initial était une dysmorphie corporelle et une phobie sociale, étroitement liées à l'anxiété. Burke a reconnu que les réseaux sociaux n'étaient pas la seule cause, mais qu'ils ont contribué à aggraver l'état de KGM.
Le procès, qui devrait durer plusieurs semaines, soulève des questions fondamentales sur la responsabilité des plateformes technologiques envers la santé mentale de leurs utilisateurs, en particulier des plus jeunes. Il s'agit bien plus qu'un simple litige juridique : c'est une remise en cause des algorithmes conçus pour captiver et, potentiellement, détruire.
Cette affaire intervient alors que de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer l'addiction aux réseaux sociaux et leurs effets néfastes sur le bien-être. Les plateformes sont-elles prêtes à assumer les conséquences de leurs créations ? La réponse se jouera devant les tribunaux de Los Angeles.
