Gouvernement et syndicats : une impasse sur le plan des embauches
Le plan gouvernemental de renforcement des effectifs dans la fonction publique est bel et bien rejeté par les syndicats, qui dénoncent une absence totale de transparence et des chiffres jugés insuffisants. Une situation qui risque de paralyser les négociations et d'aggraver les tensions déjà vives.

Un rejet frontal et sans équivoque
CCOO, UGT et CSIF ont unanimement balayé la proposition du ministère de Fonction Publique, dirigé par Oscar López, qu'ils considèrent comme une véritable mascarade. « C'est une négociation sans données, sans chiffres, sans transparence », a tonné la CSIF. Le rejet n'est pas nouveau : les mêmes syndicats avaient déjà contesté l'offre de 2025, estimée à 36 588 postes, soit 26 700 au sein de l'Administration Générale de l'État (AGE), 8,8 % en dessous de l'offre de 2024, la plus importante de l'histoire de la fonction publique. Le ministère, lui, se contente de confirmer que la future offre de 2026 sera « similaire » à celle de l'année passée, sans fournir davantage de détails.
La situation est exacerbée par trois facteurs majeurs. Tout d'abord, le processus de régularisation exceptionnelle des immigrés génère une pression considérable sur certains organismes de l'AGE. « Cela met en lumière les failles et les besoins d'une Administration Générale de l'État déjà tendue par la charge de travail, notamment dans des domaines tels que l'Immigration, la Sécurité Sociale et l'Intérieur », soulignent les sources de la CSIF. Ensuite, l'instauration de la journée de travail de 35 heures, qui s'appliquera également à la fonction publique, exigera un renforcement des effectifs. Enfin, l'accumulation de postes non pourvus, soit 5 765 postes de recrutement libre et 3 238 de promotion interne pour le personnel non-salarié de 2023, 2024 et 2025, constitue un problème majeur. La prochaine offre de 2023, qui expire en juillet, menace de voir ces postes perdus définitivement faute de recrutement.
Malgré le blocage sur la principale offre d'embauche, le ministère a annoncé quelques mesures précises : des rapports obligatoires pour les départements qui n'auraient pas couvert plus de 75% de leurs postes et une révision de l'accord sur la promotion interne en cas d'échec à pourvoir les postes proposés. Une mise à niveau des compétences numériques est également prévue dans les cours de sélection. Cependant, la date de présentation de l'offre d'embauche au Conseil des Ministres est incertaine, et les syndicats restent sceptiques quant à la possibilité d'un changement significatif.
La situation est critique. La perspective de voir ces postes perdus souligne l'urgence d'un renforcement des effectifs. La complexité du système, les pressions démographiques et les besoins spécifiques des services publics exigent une réponse claire et sans équivoque. Le gouvernement devra, rapidement, démontrer sa capacité à répondre aux attentes des syndicats et à garantir un service public de qualité.
