Pauvreté de l’enfance : le ces alarme et réclame une révolution des aides
L’inquiétude monte d’un cran. Le Conseil Économique et Social (CES) dénonce, avec force, la persistance de la pauvreté infantile en Espagne, une anomalie flagrante pour un pays de la stature de la Unión Européenne. La situation est alarmante : un enfant sur trois vit dans des conditions précaires.
Un système de protection fragmenté et inefficace
Le rapport 2025 du CES pointe du doigt les failles d’un système de garanties de revenu qui peine à atteindre les foyers les plus vulnérables. Une approche, selon l’organisme, trop partielle et désorganisée pour véritablement inverser la tendance. La proposition audacieuse de Yolanda Díaz, une allocation universelle de 200 euros par mois et par enfant, est désormais au cœur du débat.
Le CES plaide pour une prestation universelle de soutien à la parentalité, accessible à tous les familles, indépendamment de leurs revenus. Une mesure radicale, visant à corriger une situation qui pénalise de manière disproportionnée les ménages les plus modestes.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Les données sont saisissantes : 63 milliards d’euros d’économies perdues chaque année, soit 5,1% du PIB, en raison de la pauvreté infantile. Un coût humain et économique exorbitant, qui entrave le développement du capital humain et la compétitivité du pays. Plus de la moitié des foyers monoparentaux, et 27,4% des foyers composés d’un couple avec un ou plusieurs enfants, sont concernés par cette précarité.
Antón Costas, président du CES, réclame un changement de paradigme. Il appelle à une simplification des dispositifs d’aide, à une unification des politiques sociales et, surtout, à une approche universelle, plus efficace et plus transparente. L’organisme propose même d’étendre la période de bénéfice de cette allocation universelle jusqu’à l’âge de 3 ans, une mesure déjà mise en œuvre dans de nombreux pays européens.

Vers une politique plus inclusive et responsable
Pour aller au-delà de la simple allocation monétaire, le CES propose des réformes structurelles, notamment le report du minimum par enfant dans l’impôt sur le revenu, et une refonte du CAPI (Chèque Alimentaire pour les Enfants), avec une augmentation de sa dotation et une priorité accordée aux enfants de 6 à 17 ans. Il est impératif d’agir, et vite.
Le Conseil met en garde contre la fragmentation actuelle du système, un patchwork d’aides qui ne parvient pas toujours à atteindre efficacement les familles les plus démunies. La solution réside dans une politique universelle, claire et facile à gérer, une nécessité pour l’avenir de la nation. La situation actuelle est intenable et ne peut plus être justifiée.