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L'espagne face à la pauvreté infantile : le ces lance un appel à une aide universelle

La pauvreté infantile demeure l'un des défis majeurs auquel fait face l'Espagne, selon le Conseil économique et social (CES). Dans sa mémoire 2025, l'organisme, qui réunit patronat, syndicats et associations, considère que la haute proportion d'enfants en situation de pauvreté ou d'exclusion sociale est « une plaie » inadaptée à un pays développé. Il estime que des changements plus profonds sont nécessaires dans le système de garanties de revenu.

Une aide universelle pour réduire la pauvreté infantile

Une aide universelle pour réduire la pauvreté infantile

Le CES propose de mettre en place une prestation universelle pour l'enfance, destinée à toutes les familles avec des enfants, quels que soient leurs revenus. Selon l'organisme, c'est la voie la plus efficace pour réduire durablement la pauvreté infantile et corriger un système actuel qui atteint de manière partiel et fragmentée de nombreux foyers avec des enfants.

Les chiffres donnent une idée de l'ampleur du problème. Malgré son statut de puissance de l'Union européenne, l'Espagne enregistre des années de tête de classement pour la pauvreté infantile au sein de l'UE. Des milliers de foyers espagnols recevront prochainement cette aide automatique de 400 euros.

Dans le pays, un enfant sur trois vit dans une situation de pauvreté ou d'exclusion. Plus de la moitié des foyers monoparentaux et 27,4 % de ceux composés d'une paire et d'un ou plusieurs enfants souffrent de cette situation. Un problème qui, selon le CES, « outre son grave impact sur la vie personnelle et l'égalité des chances, affaiblit les capacités futures de notre pays en termes de capital humain et de compétitivité ». Il est estimé que la pauvreté infantile en Espagne représente un coût annuel de 63 milliards d'euros, soit environ 5,1 % du PIB, en pertes de productivité et en coûts liés aux problèmes de santé.

Le CES défend que l'aide devrait être versée au moins jusqu'à l'âge de 3 ans de l'enfant, comme le font déjà la plupart des pays voisins. Les voix au sein de l'organisme divergent cependant sur la durée de cette prestation, certaines proposant de l'étendre de 0 à 6 ans ou jusqu'à 12 ans, mais avec un accord sur le fait qu'elle devrait au minimum concerner les enfants jusqu'à 3 ans. Cela se situe loin de la proposition du gouvernement, qui a évoqué une aide universelle de 200 euros par mois pour chaque enfant, jusqu'à 18 ans.

Le CES souligne que l'Espagne ne peut plus se permettre de maintenir des taux de pauvreté infantile si élevés alors que le pays enregistre une amélioration des revenus et de l'emploi. Il considère que le système actuel de garanties de revenu n'est pas suffisamment efficace pour les familles avec des enfants et propose plusieurs réformes pour renforcer la protection de l'enfance, notamment le rendreboursable du minimum pour descendants dans l'IRPF, pour bénéficier également aux familles les plus pauvres, et un redimensionnement du CAPI, en doubleant sa somme et en priorisant les enfants de 6 à 17 ans.

Enfin, le CES réclame une simplification et une unification des aides pour les enfants, actuellement très fragmentées, en faveur d'une politique globale plus claire et plus gérable.