Disney : la fin d'une ère, l'ascension de d’amaro, et un pari sur l'ia

Après 52 ans à la tête du géant du divertissement, Bob Iger cède officiellement la main à Josh D’Amaro. Une transition qui marque un tournant majeur pour Disney, confrontée à un marché en mutation et à une concurrence accrue.

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Josh d’amaro prend les rênes d'une entreprise en pleine restructuration

L’ère Bob Iger touche à sa fin. L'ancien PDG a officiellement quitté ses fonctions cette semaine, cédant la place à Josh D’Amaro. Bien que restera conseiller spécial jusqu'à fin 2026, le quotidien de la firme passe désormais entre les mains de son successeur. D’Amaro, 55 ans, un vétéran de l’entreprise fort de 28 ans d’expérience, hérite d'un défi de taille : maintenir Disney à la pointe du divertissement dans un paysage médiatique fragmenté et de plus en plus compétitif. Sa connaissance approfondie de la division expériences – parcs, croisières – est un atout, mais son manque d’expérience créative est un point faible. Pour pallier cela, Disney a mis en place une équipe de soutien solide, avec Dana Walden, ancienne directrice exécutive du contenu, qui prendra la direction créative.

L'héritage d'Iger est indéniable. Sous sa direction, Disney a orchestré des acquisitions stratégiques majeures : Pixar (2006, 7,4 milliards de dollars), Marvel (2009, 4 milliards de dollars), Lucasfilm (2012, 4,06 milliards de dollars) et, plus récemment, 21st Century Fox (2019, 71,3 milliards de dollars) et Hulu (2023, 8,6 milliards de dollars). L'acquisition de Epic Games en 2024 pour 1,5 milliard et de Open AI en 2025 pour 1 milliard, bien que minoritaire, témoigne d'une volonté de se positionner à l'avant-garde des technologies émergentes.

Les résultats financiers témoignent de la solidité du modèle Disney. Pendant quatre années consécutives, le groupe a dépassé les 4 milliards de dollars de recettes au box-office mondial. Son écosystème de streaming s'est renforcé, et la division expériences a généré 10 milliards de dollars de revenus opérationnels en 2025, soit une augmentation de 50% par rapport aux niveaux pré-pandémie. Le cours de l’action a été multiplié par sept depuis 2005.

La feuille de route de D’Amaro repose sur trois piliers. Premièrement, le storytelling d’excellence, alimenté par l’innovation technologique. « Disney a toujours été un espace d’imagination, d’innovation et de potentiel illimité », a souligné D’Amaro lors de sa première conférence avec les investisseurs. Il mise sur l'intelligence artificielle pour débloquer de nouvelles possibilités créatives, tout en insistant sur la préservation de l'identité de l'entreprise : « Disney est une entreprise qui célèbre la créativité humaine ».

Deuxièmement, une expansion internationale renforcée, avec la consolidation de Disney+ en tant que plateforme centrale. La fusion de Disney+ et Hulu aux États-Unis est prévue avant la fin de l’année, visant à optimiser l’offre pour les utilisateurs et à renforcer la rentabilité. Enfin, D’Amaro insiste sur la coordination globale des différentes divisions du groupe, afin de créer des synergies et de renforcer l’attachement du public à la marque. La stratégie vise à renforcer le lien entre les contenus et les expériences, quel que soit l'endroit où se trouve le spectateur.

Le défi est immense. La concurrence s'intensifie, avec des acteurs comme Paramount Skydance qui redéfinissent les règles du jeu. Mais Disney semble déterminé à s'adapter. La société mise sur une combinaison de formules éprouvées, d'innovations technologiques et de prises de risques calculées. L'avenir de Disney, et sa capacité à rester un acteur majeur du divertissement, en dépend.

Le marché observe attentivement la suite. La capacité de D’Amaro à naviguer dans ce nouvel environnement sera le véritable baromètre de la pérennité de l’empire Disney.

Le temps dira si cette nouvelle ère saura préserver l'héritage de Bob Iger, ou si Disney se laissera dépasser par le rythme effréné de l'innovation.